PSG - Bordeaux : 2-1

samedi 13 Décembre 2003

Championnat

 

 

 

D'abord héros malheureux d'une rencontre dont il était forcément un fil conducteur, Pauleta a vécu des retrouvailles pittoresques avec les Girondins. Si Ramé ne lui a pas permis d'ouvrir le bal sur penalty, Reinaldo s'est substitué au Portugais. Son but, avant celui de Pauleta sur sa passe, offrent à Paris de jolies perspectives en 2004. Tandis que Darcheville manquait l'immanquable.

 

Au Parc des Princes

 

C'est l'histoire d'un homme dont la route croise celle de ceux qui lui ont permis de trôner au firmament du championnat de France. C'est aussi l'histoire plus simple, d'un homme avide de convaincre qu'il est un génie des seize mètres, après un début de carrière poussif. A La Corogne, il n'avait pu qu'épisodiquement prouver sa vraie valeur, à Bordeaux, il l'a bonifiée au point d'en être devenu aujourd'hui un homme clé dans l'histoire d'un club plus que centenaire (Club fondé en 1881, nda).

Pauleta défie donc les Girondins, face à des Bordelais qui ne sont plus tout à fait les mêmes depuis le limogeage d'Elie Baup.

Michel Pavon a repris les rênes de la maison marine et blanche, et c'est donc avec l'appétit de celui qui cherche la bonne formule (Depuis qu'il est en poste, Bordeaux n'a encore jamais joué deux matches avec le même système de jeu, nda) en même temps qu'il aimerait réussir « un coup » pour son premier match au Parc qu'il aligne un inédit 4-1-4-1.

Autres retrouvailles sur le pré, moins médiatiques celles-là, entre Pochettino et ses anciens coéquipiers. C'est même l'ancien capitaine parisien qui offre le premier coup-franc dangereux de la rencontre. Heinze en accepte bien l'offrande, mais le tir de l'international argentin file au-dessus de la cage de Ramé (3e). Même s'il n'a que Darcheville en pointe, Bordeaux n'est pas venu pour attendre mais bien pour tenter de surprendre des Parisiens, trop habitués au Parc à ces gymniques.

Si bien que cinq minutes après le premier essai parisien, Darcheville s'enfonce le long du couloir gauche et trouve au deuxième poteau Celades dont la tentative est enrayée par un Alonzo attentif (8e).

Le ton est donné, Paris sait donc à quoi s'en tenir : ce soir, il va pouvoir s'appliquer à jouer plus qu'à déjouer. Très à l'aide en soutien de Pauleta, Reinaldo cherche une première fois le cadre alors que Pauleta, esseulé, lève les bras au ciel (13e). Rendu gourmand par ses récentes prestations, Reinaldo trouve, cette fois, trois minutes plus tard Pauleta. Sur un jeu à trois initié par Boskovic, Pauleta se retrouve seul face à Ramé. Le gardien bordelais commet l'irréparable dans sa surface, et Monsieur Kalt désigne le point blanc. On ne saura jamais si c'est parce que Ramé l'a pratiqué pendant trois saisons ou bien si Pauleta était trop nerveux à l'idée de réussir ce joli coup dans le premier quart d'heure, quoi qu'il en soit, Ramé classera au rayon pertes et profits cette offrande (16e).

 

Darcheville tente une "Panenka"

 

Pire encore. Bordeaux va profiter de la conjoncture pour surprendre Paris. Jurietti met Darcheville sur orbite. Le Guyanais repique au centre où il voit Celades arriver à grandes enjambées. La reprise spontanée de l'Espagnol finit sous la barre d'Alonzo (18e).

Un coup de froid qui n'enlève rien à l'enthousiasme parisien. Seulement voilà, avec ce penalty manqué, Pauleta semble moins à son aise. On le note lorsque Reinaldo se sort d'un sacré pétrin au milieu de trois bordelais et que le ballon file vers l'international portugais. La tentative de l'actuel meilleur buteur parisien manque de conviction en même temps que de lucidité (26e). La contraignante sortie sur blessure de Cana, remplacé par un remuant Hugo Leal, est vite oubliée. Une ouverture de Leal pour Reinaldo laisse le champ libre à ce dernier. Son centre de la droite se termine en tir victorieux. Surpris puis lobé, Ulrich Ramé ne peut que constater les dégâts (36e). Alors que Paris s'enlisait dans ses approches à trente mètres des buts bordelais, ce coup de patte salvateur arrive à un moment opportun. Heinze touche même du bois juste avant que Monsieur Kalt ne renvoie tout ce petit monde aux vestiaires (45e+2e).

Autant le premier acte a dévoilé de bonnes phases et de bons moments, autant la seconde période ne va vivre qu'autour d'une première secousse décisive, et d'une dernière retentissante. La première est l'¦uvre de Pauleta. Hugo Leal qui n'en est pas à son premier coup d'essai remet le couvert à l'amorce de la période. Son travail au milieu du terrain profite à Reinaldo. Le tir trop croisé du Brésilien termine dans la chaussure droite de Pauleta qui trompe à bout portant Ramé (47e). C'est le scénario idéal pour Paris, Bordeaux va devoir se découvrir s'il souhaite rentrer en Gironde avec le moindre bonus. La partie devient hachée, si bien que Monsieur Kalt est contraint de calmer les ardeurs des uns et des autres. Au bout du compte, ce sont les hommes de Michel Pavon qui vont en profiter. Alors qu'il ne siffle pas une énième faute grossière de Beda, sur Fiorèse cette fois à l'amorce de la surface, dans la continuité de l'action, Philippe Kalt sanctionne Hugo Leal et Paris d'un penalty dans les arrêts de jeu. Darcheville tente un tir en rupture dit « à la Panenka ». Mais la sienne ne fait que prendre la direction des tribunes. Alonzo le sert dans ses bras tandis que le Guyanais paraît hagard (90e+1e). Il était écrit que Pauleta offrirait la dernière victoire de l'année au Parc, comme il était écrit que ce serait son match. D'une façon ou d'une autre. Entre ce penalty manqué et le but de la victoire, Pauleta a vécu les affres d'un scénario écrit pour lui.

 

José Carlin

 

PSG-Bordeaux : 2-1 (0-0). Arbitre : nc But(s) : Aucun. Avertissement(s) : Aucun.

 

PSG : Alonzo - El Karkouri, Heinze, Pierre-Fanfan - Déhu, M'Bami, Boskovic, Cana (Hugo Leal, 32e) - Fiorèse, Pauleta, Reinaldo. Entr. : Halilhodzic.

 

Bordeaux : Ramé - Basto, Caneira, Pochettino, Beda - P. Costa, Celades, Jurietti, E. Costa - Feindouno, Darcheville. Entr. : Baup.